Bactéries humaines
Je vais placer sur L'Aboyeur public certains de mes textes, déjà publiés ailleurs, et qui m'apparaissent en toute modestie digne d'intérêt. En voici un...
Paul-Antoine Pichard, un photographe français, a <<visité>>quelques uns des plus grands dépotoirs au monde, greffés aux villes du tiers-monde comme un intestin à un estomac, des villes qui comptent plusieurs millions d'habitants et qui, évidemment, produisent des méga-supers-hypers-dumps !!
Il est presque impossible de décrire les conditions de vie de ces gens.Ils sont des dizaines de milliers d'êtres humains à vivre comme des bactéries ou des microbes dans ces intestins géants. On estime que
6 000 familles sont installées en permanence uniquement dans le dépotoir de Dakar, en Afrique. La vente de ce qu'ils récupèrent leur permet tout juste de survivre.
La première chose qui frappe, selon le photographe, c'est évidemment l'odeur, une odeur pestilentielle, fétide, une odeur produite entre autres par le méthane qui se dégage des matières en putréfaction. Ce gaz forme des poches souterraines qui explosent régulièrement en creusant d'immenses trous qui entraînent des malheureux dans la mort. Ces décharges publiques sont donc également des cimetières. Parfois d'immenses cimetières ! Par exemple, un glissement de terrain a déjà enseveli 2 000 personnes dont les corps n'ont jamais été récupérés. L'air y est également toxique à cause des feux qui y brûlent en permanence.La fumée omniprésente masque souvent la lumière du soleil et donne un aspect irréelle au paysage.
Ensuite les mouches, des milliards de mouches qui cherchent constamment à entrer par effraction dans le corps via la bouche, les narines, les yeux et les oreilles. Plusieurs marchent pieds nus dans une espèce de bouillon fait de jus d'ordure où nagent souvent des bancs d'asticots.
Il n'y a pas que la sous-alimentation, la malnutrition et les maladies qui frappent ces résidents de l'enfer. Ces dépotoirs abritent des milliers de rats. Les médecins bénévoles qui s'y rende racontent qu'ils traitent régulièrement des bébés dont ces rongeurs ont mangé un doigt, une orteille ou une oreille. Cette vie de misère use prématurément les corps. Le photographe pensait qu'un homme avait une quarantaine d'années alors qu'il n'était qu'au début de la vingtaine.
Je ne sais pas comment conclure ! En fait, il ne peut pas y avoir de conclusion autre qu'une immense indignation devant le sort de ces hommes, femmes et enfants, un sort que rien ne peut justifier puisque les pays dit développés, nous, disposons de suffisamment de ressources pour faire disparaître cette misère abominable. Par exemple, selon la revue Time, la guerre en Irak coûte 100 000 dollars à la minute aux États-Unis...
Note: il est possible de voir quelques photos de Paul-Antoine Pichard en tapant son nom dans Google

Commentaires
Kokom le 19/08/2007 à 17:19:39bonjour Denis
WOW.... je viens d'aller voir les photos de Paul-Antoine Pichard...je n'ai tout simplement pas de mots pour décrire autant d'horreur, c'est complètement INHUMAIN... et on trouve qu'on fait pitié ayoe ....
Merci pour la belle prise de conscience que tu me fais faire ce matin, c'est difficile à voir mais tellement important....
Continue tu es super...
L'aboyeur le 19/08/2007 à 19:18:44
C'est sûr qu'il est impossible de se plaindre après avoir vu ça. Il m'arrive, lorsque je suis particulièrement heureux, bien dans ma peau, que ces images me reviennent à l'esprit. Alors, sans joke, le coeur me serre et les larmes me viennent aux yeux.
On devrait afficher une de ces photos sur notre frigo !