Ednom



Lorsque nous étions enfant, mon frère et moi étions les plus grands bâtisseurs de campes dans l'bois, grâce aux bouttes de planches et de deux-par-quatre que mon entrepreneur en construction de père empilait dans la cour, au désespoir de notre mère.

Une partie de mon enfance s'est donc déroulée dans la verdure et l'air pur abitibien.

Au début des années '70 j'étais à Montréal, pompiste sur le boulevard des Laurentides,  où mes poumons supportaient difficilement  l'oxyde de carbone et mon nez l'odeur de graisse d'une usine de fabrication de chips aux patates située à proximité.

Alors j'ai repensé à mes campes, à l'envers du monde où je vivais. Cela a donné le texte qui suit.

EDNOM

Je m'en vais rêver
Un ailleurs non nommé
Vivant à chaude terre
Vert prés et tendres feuillages

Un ailleurs qui n'est pas d'ici
Où le poêle se chauffe à bras
Et le village se fait à pied

Un ailleurs que je dirai EDNOM
Tâché de sapins et déchiré d'oiseaux
Où la pluie fera éclore
Mille soleils en notre lit

J'y atterrirai avec parachute de vierges feuilles
Crayons de couleurs et espoir en étendard
Et EDNOM m'y prendra
Mais tout comme je prend la vie
Avec beaucoup de tendresse et de magie

Le premier matin levé
M'y laissera couché
Saoûl de rosée et de lumière


Des années plus tard, de retour en Abitibi, je me suis construit un campe que j'ai nommé Ednom. Le poêle s'y chauffait à bras puisque c'était un l'Islet acheté d'une grand-mère; le village se faisait à pied puisqu'on marchait pour aller à Saint-Dominique-du-Rosaire.

J'y ai atterri avec parachute de vierges feuilles et crayons de couleur puisque je faisais des dessins pour la station télé du propriétaire du câble communautaire d'Amos. Des dessins pour illustrer des chansons que des invités entonnaient accompagnés d'un piano mécanique; d'autres qui identifiaient le poste.

Des dessins fait aux crayons feutre, à la lueur d'une lampe à l'huile, payés 50 sous chacun.










À l'époque, je pensais que c'était une bonne idée d'écrire Ednom, le mot monde à l'envers. Tantôt, je suis allé sur Internet. Il y a environ deux milles pages de sites comportant ce mot. Ben coudonc....


Article ajouté le 2007-08-20 , consulté 121 fois

Commentaires


Mona Moure le 21/08/2007 à 04:02:37
J'aiu eu la chance de passer un sejour a Ednom et m'en ennui depuis...

Merci pour ton acceuil Mon amour
Jessy le 22/08/2007 à 19:47:56
Ednom... beaucoup de bons souvenirs et quelle paix.
Il faudrait mettre une photo.

Bonjour à Mona Moure
Ha ha ha!
jessy le 23/09/2007 à 19:12:49
Bonjour Denis,

Je suis chez Mona Moure pour la semaine, nous te saluons en passant.

Bonne journée.

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