Mort d'un arbre nu-branche
Le soleil brille dans un beau ciel bleu où quelques nuages traînent paresseusement; le fond de l'air est cru. Parfait pour ma marche quotidienne !
En sortant, j'aperçois 3 hommes sur le terrain de mes maîtres. Ils encerclent un arbre qui tremble parce que l'un deux tient une menaçante scie-à-chênes. Visiblement, ils ont d'abord tenté de l'étouffer car des cordes l'encercle à différentes hauteurs. On a peut-être décidé de l'abattre en raison de son indécence; depuis quelques années, il est complètement nu-branches, droit comme une érection...
Je demeure sur place pour voir la fin de cet arbre de souche contrairement à plein d'exotiques arbustes venus d'ailleurs. Puis, un peu triste, j'ajuste les écouteurs de mon MP3 et m'engage sur la piste cyclable.
Mes maîtres habitent un quartier neuf. Pendant tout l'été, on y a déroulé des pelouses pré-poussées et, encore aujourd'hui, y 'a des groupes de travailleurs qui complètent la pose de pavés dans les entrées d'imposantes résidences. Il y a maintenant assez de pavés pour alimenter une improbable révolution des blainvillois.
<<Ça coûte combien une entrée comme ça?>>, ai-je déjà demandé à un jeune italien musclé comme un char de course.
-Y'a pour environ 30 000 $ de pavés en presqu'autant en salaires !
Dans ces coûteuses entrées de cour sont généralement stationnés des BMW, des Mercedes et autres véhicules réservées au grosses Porches; j'ai même déjà croisé une Ferrari avec ma Saturne de plastique.
Aujourd'hui j'ai choisi des valses de Strauss pour rythmer ma marche. Vous ai-je raconté à quel moment et où j'ai entendu de la musique classique pour la première fois? J'avais une dizaine d'années, et j'étions allé patiner à l'aréna d'Amos. Et là, c'est là que pour la première fois mes oreilles ont oui cette grande musique.
Je ne sais pas pourquoi, je me met à penser à ma mère. J'aurais bien aimé l'amener à un concert de l'orchestre symphonique de Montréal. Si elle était encore de ce monde, je sauterais dans mon auto (pas comme on le fait en Irak) et je monterais à Amos lui dire que je l'aime, ce que je n'ai pas assez fait.
Je m'arrête à une vente de garage où j'achète un livre et trois belles coupes de vin pour un huard, des coupes dont le verre est très mince. Je connais une gonzesse qui aime bien boire du vin dans ce genre de coupe...
De retour à la maison, sans vraiment m'en rendre compte je tape ce compte-rendu....

Commentaires
Jessy le 16/09/2007 à 21:44:49La gonzesse c'est moi, j'aime effectivement boire dans un contenant mince, même les tasses. La prochaine fois que l'on se voie, je fournie le vin et toi les coupes.
C'est mon tour d'aller prendre une marche, il fait super beau, le ciel est bleu comme chez-vous.
Kokom le 17/09/2007 à 04:04:23
Que de souvenir !!! t'as raison patiner avec les valses de Strauss...ça fait aussi parti de mes souvenirs.
T'as passé une belle journée alors ...
Bonne soirée