Le bonheur n'est pas une mauvaise idée !
J'ai écris ce texte après le décès de ma môman, il y 6 ans.
Le bonheur n'est pas une mauvaise idée
D'abord, sans crainte de me tromper, j'affirme, proclame, statue et constate que le bonheur est un concept. Le bonheur est une création de l'esprit, une notion, contrairement au tibia ,au Tibet ou aux Teepees. Le bonheur est virtuel et vertigineux, souhaitable et dangereux. Parfois létal !
Ensuite, quelques questions ! Comment dit-on
<< bonheur>> en Anishnabe ou en Inuktituk, en Serbo-Croate ? Le mot existe-t-il dans toutes les langues, dans toutes les cultures, depuis toujours ? Aucune idée…
Le bonheur est-il une invention récente ou une découverte inopinée? A-t-il été créé en même temps que l'amour chevaleresque dans le désœuvrement des après croisades ? Le bonheur existe-il en dehors de l'idée qu'on s'en fait ou s'en faisons faire ? Le bonheur peut-il être un bol de riz, un orgasme ou une vengeance? Aucune idée…
Une hypothèse ! On n'est pas heureux ? On ne naît pas heureux ! On le devient !! C'est un choix !!! Le bonheur serait une perpétuelle vente de garage. On décide de ce dont on se débarrasse et de ce qu'on garde, on choisi ce qui fait notre bonheur.
Une simple tranche de rancune moisie est bonheuricide. On s'en débarrasse ! Comme des malheurs qu'on soignent, des attentes qu'on nourrit, des déceptions qu'on entretient, des regrets qu'on héberge… On vend pas chère les rêves brisés et autres obsolètes vieilleries.
Le bonheur serait une décision qui se prend le matin, juste avant de se réveiller, de s'arracher du lit. La décision de considérer comme une chance inouïe le simple fait d'être vivant. Cette stupéfiante banalité pourrait donc être une composante fondamentale du bonheur.
Le bonheur tiendrait aussi à notre capacité à résister aux chocs. La résilience! La résilience est le caractère mécanique qui mesure la résistance des matériaux. La résilience du bois, des métaux, des plastiques. J'ai oublié qui a étendu la porté du terme pour l'associer au bonheur…
Bref, la capacité à résister aux chocs, comme celui causé par la mort d'une mère, surtout la sienne et particulièrement la première fois qu'elle meurt. Ça vient de m'arriver ! Méchant choc dont je ne parlerai amplement pas. Sauf pour dire que ça fesse d'aplomb, voir la vie expatriée pour Onnesaitpazoù, vers une hypothétique destination d'où on ne revient éternellement pas.
Mais le choc favorise la priorisation, les décisions, l'action. Je m'achète donc une moto, usagée comme moi, et prend la route. On the road, comme disait Kérouak!
<<Oui mais >>, me dit Édouard Ouimet, alias Tioui-Ninon, l'éternel indécis, le forcené du peut-être, le certain de ne pas être sûr : <<Si t'as pas les sous pour la moto, le bonheur prend la route sans toi ! >>.
Bien sûr, il faut des huards pour avoir une moto, même usagée. Si le bonheur est d'avoir une moto… Problème ! Solution ? On change d'idée, on décide de vouloir autre chose, quelque chose d'accessible rapidement. Le bonheur est souvent une décision qui se prend juste avant d'être malheureux, dans la crainte de l'être, dans l'urgence.
Momentanément, on se réjouit de ne pas être palestinien ou israélien, irakien ou américain, de ne pas être un dommage collatéral. On se réjouit de pas être hospitalisé, entubé, perfusé, condamné ! En attendant d'être heureux, on choisi de ne pas être malheureux.
Édouard me dit: <<Oui mais, un tel verbiage moralisateurisant donne-t-il des résultats extraordinaux ou plutôt banaux ? >>.
Aucune idée ! Heureusement…

Commentaires